
– Moi, dit Fouquet avec un sourire, j’en connais une à dix pas d’ici.
Puis s’orientant:
– Oui, dit-il, c’est bien cela.
– Que vous êtes heureux d’avoir si bonne mémoire! dit Aramis en souriant à son tour; mais ne craignez-vous pas que, ne nous voyant pas reparaître, votre cocher ne croie que vous avons pris une route de retour et ne suive les voitures de la Cour?
– Oh! dit Fouquet, il n’y a pas de danger; quand je poste mon cocher et ma voiture à un endroit quelconque, il n’y a qu’un ordre exprès du roi qui puisse les faire déguerpir, et encore; d’ailleurs, il me semble que nous ne sommes pas les seuls qui nous soyons si fort avancés. J’entends des pas et un bruit de voix.
Et, en disant ces mots, Fouquet se retourna, ouvrant de sa canne une masse de feuillage qui lui masquait la route.
Le regard d’Aramis plongea en même temps que le sien par l’ouverture.
– Une femme! dit Aramis.
– Un homme! dit Fouquet.
– La Vallière!
– Le roi!
– Oh! oh! dit Aramis, est-ce que le roi aussi connaîtrait votre caverne? Cela ne m’étonnerait pas; il me paraît en commerce assez bien réglé avec les nymphes de Fontainebleau.
– N’importe, dit Fouquet, gagnons-la toujours; s’il ne la connaît pas, nous verrons ce qu’il devient; s’il la connaît, comme elle a deux ouvertures, tandis qu’il entrera par l’une, nous sortirons par l’autre.
– Est-elle loin? demanda Aramis, voici la pluie qui filtre.
– Nous y sommes.
Fouquet écarta quelques branches, et l’on put apercevoir une excavation de roche que des bruyères, du lierre et une épaisse glandée cachaient entièrement.
Fouquet montra le chemin.
Aramis le suivit.
Au moment d’entrer dans la grotte, Aramis se retourna.
– Oh! oh! dit-il, les voilà qui entrent dans le bois les voilà qui se dirigent de ce côté.
