PAI; 1. OIT.AC.A.N.

maisons de rumeurs semblables au rugissement d'une nouvelle et iiUis farouche tempête. Il est facile de se figurer cette assourdissante rumeur, ce sont les bruits de la vie sur une surface de 1,000 lieues carrées, les bruits recueillis partout par l'ensemble des appareils, condensés en un bruit général, reportés et rendus en bloc par chacun de ces appareils avec une intensité effroyable!

«MADEMOISELLE!» ClilA GEORGES D'UNE VOIX FOUTE.


Au cours de la tournade, quelques graves désordres s'étaient naturellement produits au poste central des Télés; sur les lignes, des fils avaient été fondus et amalgamés. Ces petits accidents ne font courir aucun danger à personne, à condition, bien entendu, que l'on ne touche pas aux appareils. Georges Lorris, ayant pris un livre à illustrations photographiques, s'installa patiemment dans un fauteuil pour laisser finir la crise des Télés. Ce ne fut pas long. Au bout de vingt minutes, la rumeur s'éteignit subitement. Le bureau central venait d'établir un fil de fuite; mais, en attendant que les avaries fussent réparées, ce qui allait demander encore au moins deux ou trois heures de travaux, chaque appareil recevait au hasard une communication quelconque qui ne pouvait s'interrompre avant que tout fût remis en ordre.

Et, dans la plaque du Télé, les figures, cessant de passer dans une confusion falotte, se précisèrent peu à peu, le défilé se ralentit, puis tout à coup une image nette et précise s'encadra dans l'appareil et ne changea plus.

C'était une chambre au mobilier très simple, une petite chambre aux boiseries claires, meublée seulement de quelques chaises et d'une table chargée de livres et de cahiers, avec une corbeille à ouvrage devant la cheminée. Réfugiée dans un angle, presque agenouillée, une jeune fille semblait encore en proie à la plus profonde terreur. Elle avait les mains sur les yeux et ne les retirait que pour les porter sur ses oreilles dans un geste d'affolement.



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