
Georges Lorris ne vit d'abord qu'une taille svclte et gracieuse, de jolies mains délicates et de beaux cheveux blonds, un peu en désordre. Il parla tout de suite pour tirer l'inconnue de sa prostration:
«Mademoiselle! mademoiselle!» fit-il assez doucement.
Mais la jeune fille, les mains sur les oreilles et la tète pleine encore des terribles rumeurs qui venaient à peine de cesser, ne sembla point entendre.
«Mademoiselle!» cria Georges d'une voix forte.
La jeune fille, tournant la tète sans baisser ses mains et sans bouger, regarda, d'un air effaré, vers le Télé de sa chambre.
«Le danger est passé, mademoiselle; remettez-vous, reprit doucement Georges; m'entendez-vous?»
Elle fit un signe de tête sans répondre autrement.
«Vous n'avez plus rien à craindre, la tournade est passée…
— Nous êtes sûr que cela ne va pas revenir? fit la jeune fille d'une voix si tremblante que Georges Lorris comprit à peine.
— C'est tout à fait fini, tout est rentré dans l'ordre, on n'entend plus rien de ce fracas de tout à l'heure qui semble vous avoir si fort épouvantée…
— Ah! monsieur, comme j'ai eu peur, s'écria la jeune fille, osant à peine se redresser; comme j'ai eu peur!
— Mais vous n'aviez pas vos pantoufles isolatrices! dit Georges, qui, dans le mouvement que fit la jeune fille, s'aperçut qu'elle était chaussée seulement de petits souliers.
— Non, répondit-elle, mes isolatrices sont dans une pièce au-dessous; je n'ai pas osé aller les chercher…
