
La grande entreprise des ïubes en papier métallisé (Tubic-Pneumatic-Way) de Paris-Pékin valut à Philoxène Lorris le titre de mandarin à bouton d'émeraude en Chine et celui de duc de Tiflis en ïranscaucasie. 11 était déjà comte Lorris dans la noblesse créée aux États-Unis d'Amérique, baron en Danubie et autre chose encore ailleurs, et, bien qu'il fût surtout fier d'être Philoxène Lorris, il n'oubliait jamais d'aligner, à l'occasion, l'interminable série de ses titres, parce que cela faisait admirablement sur les prospectus.
Bien que plongé jusqu'au cou dans ses études et ses affaires, Philoxène Lorris, à force d'activité, trouvait le temps de jouir de la vie et de donner à son exubérante nature toutes les vraies satisfactions que l'existence peut offrir à l'homme bien portant jouissant d'un corps sain, d'un cerveau sagement équilibré. S'étant marié entre deux découvertes ou inventions, il avait un tils, Georges Lorris, celui que, le jour de la touriutdp, nous le trouvons en train de sermonner.
Georges Lorris est un beau garçon de vingt-sept ou vingt-huit ans, grand et solide comme son père, à la figure décidée, ayant comme signe particulier de fortes moustaches blondes. Il arpente la chambre de long en large et répond parfois d'une voix agréable et gaie aux admonestations de son père.
Celui-ci n'est pas là de sa personne, il est bien loin, à trois cents lieues, d:-.ns la maison de l'ingénieur chef de ses Mines de vanadium des montagnes de la Catalogne, mais il apparaît dans la plaque de cristal du télépho-noscope, cette admirable invention, amélioration capitale du simple téléphonographe, portée récemment au dernier degré de perfection — par Philoxène Lorris lui-même.
