
— Si tu ne nous aides pas, poursuivit Masklinn d’une voix tranquille, nous allons rentrer à la carrière affronter les humains, mais pour toi, ça ne changera rien, parce qu’on va t’abandonner ici. Je suis sérieux. Et aucun gnome ne te retrouvera plus jamais. Tu n’auras pas de seconde chance. Nous nous éteindrons, il n’y aura plus aucun gnome nulle part, et ce sera ta faute. Et dans les longues années à venir, tu resteras tout seul, sans servir à rien, et tu te diras : « J’aurais peut-être dû aider Masklinn quand il me l’a demandé », et puis, tu te diras : « Si j’avais une deuxième chance, je l’aiderais. » Eh bien, Truc, imagine que tout ça s’est vraiment passé et que ton vœu a été exaucé par magie. Aide-nous.
— C’est une machine ! s’emporta Angalo. On ne peut pas faire du chantage à une machine…
Un petit voyant rouge s’alluma sur la surface noire du Truc.
— Tu sais lire les pensées des autres machines, je le sais, continua Masklinn. Mais en es-tu également capable avec les gnomes ? Vas-y, lis mes pensées, Truc, si tu crois que je plaisante. Tu insistes pour que les gnomes agissent de façon intelligente. Eh bien, voilà, c’est ce que je fais. Je suis assez intelligent pour savoir quand j’ai besoin d’aide. Et j’en ai besoin maintenant. Et tu es capable de me la procurer, je le sais. Si tu ne nous aides pas, nous allons t’abandonner ici et oublier ton existence pour toujours.
Un deuxième voyant s’alluma, très faible.
Masklinn se remit debout et fit signe aux autres.
— Très bien, dit-il. Allons-y.
Le Truc produisit le petit bruit électronique qui équivalait pour une machine au raclement de gorge chez un gnome.
— Que puis-je faire pour t’assister ? demanda-t-il.
Angalo lança un sourire narquois à Gurder. Masklinn se rassit.
— Trouve le Petit-Fils Richard Quadragénaire, demanda-t-il.
— Ça va prendre très longtemps, les avertit le Truc.
