
Mais ce gnome-ci ressemblait à un arc-en-ciel. Il portait une parure chamarrée de tissus beaux comme un sac de chips, une ceinture cloutée de bouts de verre, des bottes en cuir véritable et un chapeau surmonté d’une plume. En parlant, il faisait machinalement claquer contre sa cuisse une lanière de cuir qui se révéla être la laisse du rat.
— Eh bien ? lança-t-il. Réponds !
— Je descends du camion, répondit brièvement Masklinn en surveillant le rat.
La bestiole arrêta de se gratter l’oreille, lui jeta un coup d’œil, avant d’aller chercher refuge derrière son maître.
— Qu’est-ce que vous faisiez là-dedans ? Allez, réponds !
Masklinn se redressa.
— Nous voyagions, répondit-il.
Le gnome lui jeta un regard noir.
— Voyager ? C’est quoi ?
— On se déplace. Vous savez, quitter un endroit pour aller dans un autre.
Cette réponse sembla produire un effet étrange sur l’inconnu. Sans devenir vraiment poli, il adoucit le ton de sa voix.
— Essaierais-tu de prétendre que tu viens du Dehors ?
— Exactement.
— Mais c’est impossible !
— Ah bon ?
Masklinn commençait à s’inquiéter.
— Il n’y a rien, Dehors ! insista l’étranger.
— Ah bon ? Ben, c’est pourtant bien de là qu’on vient, apparemment. Il y a un problème ?
— Tu veux dire… De Dehors pour de bon ? fit le gnome en s’approchant à petits pas.
— Ben, oui, je crois. On n’y a jamais beaucoup réfléchi. Où est-ce qu’on se tr…
— Ça ressemble à quoi ?
— Quoi ?
— Dehors ! Ça ressemble à quoi ?
Masklinn resta perplexe.
