
— Ben, euh… c’est… plutôt grand…
— Et puis ?
— Et, euh… y a du dehors partout…
— Et puis ? Et puis ?
— Avec, tu sais, des machins…
— C’est vrai que le plafond est si haut qu’on ne le voit même pas ? demanda le gnome qui, apparemment, ne tenait plus en place à force d’excitation.
— Je ne sais pas. C’est quoi, un plafond ?
— Ça, répondit le gnome en levant le doigt vers un toit fait de poutrelles et d’ombres.
— Oh, je n’ai jamais rien vu de ce genre. Dehors, c’est bleu ou gris, avec des machins blancs qui flottent dedans.
— Et… et… les murs sont très très écartés et il y a une sorte de moquette verte qui pousse sur le sol ? demanda le gnome, en dansant d’un pied sur l’autre.
— Je sais pas, répondit Masklinn, de plus en plus mystifié. C’est quoi, la moquette ?
— Oh, bon sang !
Le gnome parut se reprendre et tendit une main tremblante.
— Je me nomme Angalo. Angalo de Merceri. Haha ! Mais, bien sûr, ça ne signifie rien pour vous ! Et voici Bobo.
Le rat parut esquisser un sourire. Masklinn n’avait jamais vu personne donner un nom à un rat, à part repas, peut-être, quand on y était obligé.
— Moi, c’est Masklinn. Je peux faire descendre les autres ? Le voyage a été long.
— Oh, bon sang. Bien sûr ! Tous venus de Dehors ? Mon père ne me croira jamais !
— Excusez-moi, je ne comprends pas. Qu’y a-t-il de si étonnant ? Nous étions dehors. Maintenant, on est dedans.
Angalo l’ignora. Il contemplait les autres qui descendaient le filin en ronchonnant, à cause de leurs courbatures.
— Et il y a des vieux, aussi ! Et ils nous ressemblent ! Ils n’ont même pas la tête pointue, rien ! s’émerveilla Angalo.
— Insolent ! jeta Mémé Morkie.
Angalo cessa de sourire.
— Madame, répliqua-t-il sur un ton glacial, savez-vous bien à qui vous vous adressez ?
