
– Un client, alors?
– Si c’est un client, l’affaire est sérieuse. Sans cela, on ne sortirait pas par un tel temps et à une telle heure. Mais c’est vraisemblablement une des commères de notre logeuse, j’imagine.
Sherlock Holmes se trompait cependant, car nous entendîmes des pas dans le corridor et on frappa à notre porte. Sherlock étendit son long bras pour détourner de lui-même le faisceau lumineux de la lampe et le diriger sur la chaise libre où le nouveau venu s’assiérait.
– Entrez! dit-il.

L’homme qui entra était jeune, vingt-deux ans peut-être; très soigné et mis avec élégance, ses manières dénotaient une certaine recherche et une certaine délicatesse. Tout comme le parapluie ruisselant qu’il tenait à la main, son imperméable luisant disait le temps abominable par lequel il était venu. Dans la lumière éblouissante de la lampe, il regardait anxieusement autour de lui, et je pus voir que son visage était pâle et ses yeux lourds, comme ceux d’un homme qu’étreint une immense anxiété.
– Je vous dois des excuses, dit-il, tout en levant son lorgnon d’or vers ses yeux. J’espère que ça ne vous dérange pas, mais j’ai bien peur d’avoir apporté dans cette pièce confortable quelques traces de la tempête et de la pluie.
– Donnez-moi votre manteau et votre parapluie, dit Holmes. Ils seront fort bien là sur le crochet et vous les retrouverez secs tout à l’heure. Vous venez du sud-ouest de Londres à ce que je vois.
– Oui, de Horsham.
– Ce mélange d’argile et de chaux que j’aperçois sur le bout de vos chaussures est tout à fait caractéristique.
– Je suis venu chercher un conseil.
– C’est chose facile à obtenir.
– Et de l’aide.
– Ce n’est pas toujours aussi facile.
