
Elle fit non de la tête.
— Mais c’est arrivé ? Mon souvenir est exact ?
— Oui, Rik.
— Et maintenant, je me rappelle quelque chose qui se rapporte à moi. Quelque chose… d’avant. Il doit y avoir eu un avant, Lona !
Il devait y en avoir eu un. Le cœur de Valona se serrait quand elle y songeait. C’était un passé différent, qui n’avait rien de comparable avec le présent dans lequel tous deux vivaient. Un passé qui s’était déroulé sur un monde différent. Elle le savait parce que « kyrt » était un mot que Rik ne s’était jamais rappelé. Il avait fallu qu’elle lui apprît le terme désignant la chose la plus précieuse de Florina.
— De quoi t’es-tu souvenu, Rik ?
A cette question, la surexcitation de Rik parut soudain s’évanouir. Il chercha à biaiser.
— Cela n’a guère de sens, Lona. Seulement que j’avais un métier et que je sais ce que c’était. D’une certaine façon, au moins.
— Que faisais-tu ?
— J’analysais le Vide.
Elle dévisagea brusquement Rik, plongeant son regard dans le sien. Elle lui tâta le front. Il s’écarta avec irritation.
— Ce n’est pas encore une de tes migraines ? fit-elle. Tu n’as pas eu mal à la tête depuis des semaines.
— Je vais bien ! Cesse de m’embêter.
Il baissa les yeux et ajouta aussitôt :
— Je ne voulais pas dire que tu m’embêtes, Lona, mais seulement que je n’ai pas mal et que je ne veux pas que tu te fasses du souci.
Le visage de Valona s’épanouit.
— Qu’est-ce que ça signifie, analyser ? demanda-t-elle.
Rik connaissait des mots qu’elle ignorait et elle se sentait très humble en songeant à quel point il avait dû être instruit, autrefois.
Il réfléchit un moment.
— Ça signifie… ça signifie séparer. C’est comme quand on démonte un filtre afin de savoir pourquoi le faisceau d’exploration est mal centré, tu vois ?
