
— Vous allez me ficeler ? Me garder ici ? C’est cela ? Mais que ferez-vous quand le B.I.A.S. se mettra à ma recherche ? Je suis censé envoyer régulièrement des rapports, figurez-vous.
— Le Bureau sait que vous êtes en sécurité avec moi.
— Vraiment ? Je me demande s’il sait même que je suis arrivé sur la planète. Et s’il a reçu mon premier message.
Tout tournait autour du Terrien, et ses membres étaient gourds.
L’autre se leva. Il était évident à ses yeux que l’heure de la décision était arrivée juste à temps. A pas lents. Il contourna la longue table et s’approcha du Terrien.
C’est pour votre bien, fit-il d’une voix apaisante, et il sortit le cylindre noir de sa poche.
— C’est une sonde psychique, dit l’homme venu de la Terre.
Son timbre était rauque et sa voix pâteuse. Quand il essaya de se mettre debout, ce fut à peine si ses bras et ses jambes frissonnèrent.
— Drogué ! murmura-t-il entre ses dents serrées.
Ses mâchoires étaient rigides.
— Oui, je vous ai drogué, reconnut l’autre. Je ne vous ferai aucun mal. Il vous est difficile de comprendre combien cette affaire est délicate dans l’état de surexcitation et d’angoisse où elle vous met. La drogue va seulement dissiper votre anxiété. Elle va seulement la chasser.
Le Terrien était maintenant incapable de parler. Immobile, il pouvait uniquement penser dans une brume : « Par l’espace, il m’a drogué ! » Il aurait voulu hurler, fuir, mais c’était impossible.
L’autre l’avait rejoint. Il le contemplait de haut. Le Terrien leva les yeux vers lui. Il pouvait encore les remuer.
La sonde psychique était un instrument autonome. Il suffisait de mettre les fils en contact avec certains points précis du crâne. Le Terrien, frappé de panique, regarda son interlocuteur opérer jusqu’à ce que ses muscles oculaires fussent paralysés. Il ne sentit pas la piqûre des fines électrodes acérées pénétrant la peau et la chair pour atteindre les engrenures de sa calotte crânienne.
