Bien des tensions actuelles auraient été résolues. Mais il n’y aurait toujours pas d’air. Ils sortiraient parfois au-dehors, certes. Mais en combinaison. Est-ce que cela aurait une importance ? La tenue d’hiver qu’il portait en ce moment était ce que ses concepteurs avaient pu imaginer de plus proche du scaphandre spatial, et respirer le vent glacial, pétrifiant, mortifère, qui soufflait le long de la vallée revenait à inhaler l’oxygène pur échappé d’une bouteille de gaz comprimé, mal réchauffé. Le froid infra-biologique de l’Antarctique, de Mars. Pas grande différence entre les deux. Rien que pour ça, cette année d’entraînement et de test était une bonne idée. Ça leur donnait au moins un aperçu de ce qui les attendait.

Ben trébucha sur la glace fracturée du niveau inférieur, estival, du lac, glissa et tomba d’un bloc. Il poussa un cri et les autres se précipitèrent, Michel le premier parce qu’il avait vu venir le coup. Ben se tortillait en gémissant, les autres accroupis autour de lui.

— Excusez-moi, dit Maya en écartant Michel et Arkady pour s’agenouiller à côté de Ben. C’est votre hanche ?

— Aïe ! Ouais…

— Cramponnez-vous à moi. Tenez bon.

Ben lui agrippa le bras et elle le soutint par l’autre côté.

— Attendez, on va décrocher votre harnais du traîneau. Bien. Maintenant, glissez le traîneau sous lui. Déplacez-le doucement ! Là, c’est bon. Ne bougez pas. Restez bien tranquille, on va vous ramener à la base. Ça ira comme ça, ou vous voulez qu’on vous attache ? D’accord. Allons-y. Vous allez nous aider à stabiliser le traîneau. Que quelqu’un prévienne la base par radio et qu’ils se tiennent prêts à nous recevoir.

Elle amarra son propre harnais au traîneau-banane et repartit en sens inverse à travers le lac, vite mais d’un pas régulier, un pas de patineuse. La lampe braquée de façon à voir la glace sous ses bottes. Les autres suivaient à côté de Ben.



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