
«Madame, lui dit-il, je vous prie d’excuser ma démarche. Je me présente moi-même eu égard à la difficulté de trouver dans ce train des relations qui nous seraient communes. Je suis le prince Mony Vibescu, hospodar héréditaire. Mademoiselle qui voici, c’est à dire Mariette, qui, sans doute, a quitté le service du Grand-Hôtel pour le vôtre, m’a laissé contracter envers elle une dette de reconnaissance dont je veux m’acquitter aujourd’hui même. Je veux la marier à mon valet de chambre et je leur constitue à chacun une dot de cinquante mille francs.
– Je n’y vois aucun inconvénient, dit la dame, mais voici quelque chose qui n’a pas l’air d’être mal constitué. À qui le destinez-vous?»
La bitte de Mony avait trouvé une issue et montrait sa tête rubiconde entre deux boutons, devant le prince qui rougit en faisant disparaître l’engin. La dame se prit à rire.
«Heureusement que vous êtes placé de façon à ce que personne ne vous ait vu… ça en aurait fait du joli… Mais répondez donc, pour qui est cet engin redoutable?
– Permettez-moi, dit galamment Mony, d’en faire l’ouvrage à votre beauté souveraine.
– Nous verrons ça, dit la dame, en attendant et puisque vous vous êtes présenté, je vais me présenter aussi… Estelle Ronange…
– La grande actrice du Français?»
La dame inclina la tête.
Mony, fou de joie, s’écria:
«Estelle, j’eusse dû vous reconnaître. Depuis longtemps j’étais votre admirateur passionné. En ai-je passé des soirées au théâtre français, vous regardant dans vos rôles d’amoureuse? et pour calmer mon excitation, ne pouvant me branler en public, je me fourrais les doigts dans le nez, j’en tirais de la morve consistante et je la mangeais! C’était bon! C’était bon!
