– Mariette, allez dîner avec votre fiancé, dit Estelle. Prince, dînez avec moi.»


Dès qu’ils furent en face l’un de l’autre, le prince et l’actrice se regardèrent amoureusement:


«Où allez-vous? demanda Mony.


– À Vienne, jouer devant l’Empereur.


– Et le décret de Moscou?


– Le décret de Moscou, je m’en fous; je vais envoyer demain ma démission à Claretie… On me met à l’écart… On me fait jouer des pannes… on me refuse le rôle d’Eorakâ dans la nouvelle pièce de notre Mounet-Sully… Je pars… On n’étouffera pas mon talent.


– Récitez-moi quelque chose… des vers,» demanda Mony.


Elle lui récita, tandis qu’on changeait les assiettes, L’invitation au voyage. Tandis que se déroulait l’admirable poème où Baudelaire a mis un peu de sa tristesse amoureuse, de sa nostalgie passionnée, Mony sentit que les petits pieds de l’actrice montaient le long de ses jambes: ils atteignirent sous le raglan le vit de Mony qui pendait tristement hors de la braguette. Là, les pieds s’arrêtèrent et, prenant délicatement le vit entre eux, ils commencèrent un mouvement de va-et-vient assez curieux. Durci subitement, le vit du jeune homme se laissait branler par les souliers délicats d’Estelle Ronange. Bientôt, il commença à jouir et improvisa ce sonnet, qu’il récita à l’actrice dont le travail pédestre ne cessa pas jusqu’au dernier vers:


ÉPITHALAME


Tes mains introduiront mon beau membre asinin

Dans le sacré bordel ouvert entre tes cuisses

Et je veux t’avouer, en dépit d’Avinain,

Que me fait ton amour pourvu que tu jouisses!


Ma bouche à tes seins blancs comme des petits suisses

Fera l’honneur abject des suçons sans venin.

De ma mentule mâle en ton con féminin

Le sperme tombera comme l’or dans les sluices.



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