J'ai le cœur qui cesse de battre Au voleur! A bout de nerfs lorsque je rentre Aux heures grises du matin Les traits tirés, la peur au ventre Elle contemple mon butin Puis en faisant son œil de biche Elle murmure avec candeur Qu'au fond l'argent n'a pas d'odeur Et qu'après tout on prend qu'aux riches La nuit tandis que De plus en plus Je prends des risques Et m'évertue A lui faire une vie de rêve Je vois soudain doubler ma peur A l'idée qu'un autre m'enlève Ce bonheur Qui est plus que ma vie Ne me laissant qu'un cri: Au voleur, au voleur, au voleur! Autobiographie
Paroles: Charles Aznavour. Musique: Georges Garvarentz 1980
J'ai ouvert les yeux sur un meublé triste Rue Monsieur-Le-Prince au Quartier Latin Dans un milieu de chanteurs et d'artistes Qu'avaient un passé, pas de lendemain Des gens merveilleux, un peu fantaisistes Qui parlaient le russe et puis l'arménien Si mon père était chanteur d'opérette Nanti d'une voix que j'envie encore Ma mère tenait l'emploi de soubrette Et la troupe ne roulait pas sur l'or Mais ma sœur et moi étions à la fête Blottis dans un coin derrière un décor Tous ces comédiens chargés de famille Mais dont le français était hésitant Devaient accepter pour gagner leur vie Le premier emploi qui était vacant Conduire un taxi ou tirer l'aiguille Ça pouvait se faire avec un accent Après le travail les jours de semaine