
Je fais signe à la personne assise sur la valoche de patienter. En fait, elle ne paraît pas contrainte le moins du monde. D’un geste aimable, elle m’invite à poursuivre ma brillante démonstration. Je profite de la permission pour m’agenouiller là où j’étais assis. Je lui fais le coup de l’artillerie tractée, à la môme Téquïst. Tu jonctionnes les deux attelages et c’est la partie de toutous. Un effort magistral. On s’escrime si tellement qu’on bascule de nos fauteuils. Le reste vire à l’indescriptible. Je vais tenter cependant. Nous voilà sur la moquette sans rupture des transmissions. On n’a pas déjanté. L’essieu principal a tenu bon. Pourtant c’est des coups à te faire sauter la durite, tu conviendras ? On calbute de plus chef, de rebelle, de plus belle, de rechef ! Elle marche en lonchant, Ninette. Une vraie majorette de la baisanche ! En marchant, tu juges ? Tu juches ? A quatre pattes, elle avance. Et mécolle-pâte qui lui trottine aux noix, sur les genoux. Hue cocotte ! Pas que je me laisse distancer de plus de vingt centimètres, qu’autrement sinon le contact est rompu. Je me demande vers quel itinéraire elle cavale, la fougueuse ? Ça y est, j’ai pigé : droit à la personne en attente sur la valise. Pas intimidée, pas même surprise. Une présence étrangère ne l’importune pas, mieux : on dirait que ça la stimule, cette gueuse blonde. On franchit les trois mètres qui nous séparent. La personne en question, masculine de sexe et de vocation, se dégrafe avant l’arrivée d’Eggkarte. Si bien qu’elle chope le relais dans la foulée, ma caracoleuse. La jonction est opérée ! Ah ! si tous les gars du monde voulaient se brandir la queue ! Telle que la voilà bi-branchée, la Suédoise, elle va être presque étanche, pour peu qu’on lui pince le nez.
J’interromps la description.
Le reste ne serait que littérature pornographique, ce à quoi je me refuse énergiquement, malgré les ponts d’or qui me sont proposés
