
Elle ne cause plus : elle crie. Ça me rappelle le chant des bergers grecs de l’île de Klytos. Je renforce mon hymne à la vie. Un vrai délire ! Au plus fort, j’y mets les mains. Je joue d’Eggkarte comme d’un luth. C’est forcené ce qui se passe. Elle fait la chandelle romaine. Je suis obligé de la suivre des lèvres, pour pas la désemboucher. Un travail de voltige s’ensuit. Je l’ensuis féalement. Je l’enreste, même !
Elle aboie. A moins que voua voua signifie quelque chose dans la branche nordique de l’indo-européen. Si quelqu’un, parmi vous autres, jacte suédois, j’aimerais qu’il m’affranchisse. Toujours ce doute, ça t’exténue l’esprit, à force !
Le drame, c’est que mes cervicales faiblissent. La menteuse continue de caracoler, mais je biche le torticolis, moi. Quand t’assistes à un métinge aérien, au bout d’un certain temps, t’as envie de chercher des champignons, non ? Faut que je prenne d’autres mesures consécutives, sinon je vais avoir la nuque en guimauve. Je me dégage.
Et alors, qu’aperçois-ge
Tu vas pas me croire. Attends, je te le dirai plus tard.
Pour l’heure (et pour l’heur d’Eggkarte) faut que je poursuive ma tâche — de salubrité publique. La lapée des profondeurs (comme disait Aldous Huxley) tolère pas les temps morts. Elle réclame ! Faut y aller. A ce stade de la combustion, tu peux pas laisser quimper. Ce serait sacrilège, et ça porterait atteinte à son sensoriel. Nocif tout plein.
