
A peine ai-je pénétré dans le salon de ma suite, que j’entends des gloussements et autres pouffements en provenance de la chambrette.
Je me précipite.
Là, sur le plumard, j’avise une jolie bête en forme de « T » à la renverse. Une vision plus appuyée des choses me permet de définir une fille à l’horizontale et une autre qui la chevauche vers le mitan de sa périféerie. La cavalière (elle ne monte pas en amazone), utilise un vibro-masseur à pile pour faire des guili-goulus à l’horizontée. Et cette chevaucheuse d’élite n’est autre qu’Eggkarte Téquïst.
— Je ne dérange personne ? m’informé-je en m’avançant.
— Au contraire, vous tombez…
— Pile ? proposé-je en désignant l’appareil qui continue de zozoter entre ses doigts.
Elle fait taire son mutin ronfleur.
— Venez que je vous présente.
— Volontiers.
Je la contourne et découvre dans son dos la seconde partie de la fille allongée, laquelle seconde partie appartient à une émouvante personne brune au regard d’aigue-marine.
— Erika Taströf, fait Eggkarte.
La présentée me tend une main cordiale entre les fesses de notre commune camarade. Je la baise, fasciné par la poitrine d’Erika. T’as jamais maté des doudounes pareilles. Moi non plus. Même la femme de trois cents kilogrammes de la Foire du Trône peut pas rivaliser. C’est époustouflant, faramineux, montagneux. Le Ballon d’Alsace vu par un ivrogne ! Vingt livres de glandes. Chacun ! Et pas en oreilles d’épagneuls, ces deux messieurs, espère ! Altiers tout plein. Orgueilleux, même. Vikings, quoi !
— On peut visiter ? je demande à la dame aux flotteurs.
— Elle ne comprend pas le français, me dit Eggkarte, mais je vais vous servir d’interprète.
Me servir d’interprète !
Pour moi c’est un trait de lumière.
Et de génie.
— Eggkarte chérie, dis-je, dès que je serai redescendu de cette royale poitrine, j’aurai besoin de vous pour autre chose.
