Jusqu'à ce que l'étoile qui conduit ma route brille sur moi bienfaisante en bénéfique aspect, et vête mon amour en loques, de beauté, que je puisse être digne d'une attention douce:

Puissé-je alors m'enhardir à me glorifier de t'aimer – jusque-là je cache ma tête là où tu peux me discerner.

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Harassé par l'effort je me hâte à ma couche, cher repos pour les membres qu'a usés la peine, mais alors commence en ma tête un voyage qui exerce l'esprit quand jeu du corps faiblit.

Car mes pensées loin de là où je suis entreprennent vers toi dévot pèlerinage, maintenant élargies mes paupières tombantes, et fixent les noirceurs que l'aveugle sait bien.

Cependant de l'esprit la vue imaginante, sur mon aveugle vue a projeté ton ombre, qui joyau suspendu à la nuit ténébreuse fait belle la nuit noire, jeune son visage vieux.

Hélas! ainsi de jour mes membres, de nuit mon esprit, par toi, aussi par moi, ne connaissent répit.

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Comment puis-je revenir heureux au travail, quand je suis privé du bienfait du repos? Quand le tourment du jour n'est pas calmé de nuit, mais que suis tourmenté la nuit avec le jour, le jour avec la nuit?

L'un et l'autre (bien qu'ennemis en leur domaine) consentent à joindre les mains pour me torturer: l'un avec la besogne, et l'autre par l'angoisse, que plus je peine et plus de toi dois m'éloigner.

Pour plaire au jour, je lui dis que tu brilles et l'embellis si les nuages le ternissent; de même je flatte la nuit brune à lui dire que tu redores le ciel quand les étoiles ne scintillent.

Mais le jour chaque jour tire langueur en longueur, et la nuit nuitamment fait mon chagrin plus lourd.

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