Si je te perds, ma perte est gain pour mon ami; si je la perds, l'ami a trouvé cette perte; deux se trouvent l'un l'autre, moi je perds tous les deux, et les deux d'une croix me chargent pour mon bien.

Mais ici le triomphe: l'ami et moi c'est un. O flatteuse pensée! donc c'est moi seul qu'elle aime.

43

Quand je cille mes yeux, alors mes yeux voient mieux, car tout le jour ils voient choses non absorbée; mais quand je dors en rêve ils regardent vers toi, et brillant sombres sont conduits brillants dans le sombre.

Et toi, dont l'ombre fait brillantes les ombres, comment ton ombre formerait-elle heureuse forme au jour clair avec ta plus claire lumière, quand aux yeux non voyants éclaire autant ton ombre!

Comment, dis-je, pourraient mes yeux être bénis en regardant vers toi dans la vive journée, quand dans la morte nuit ta belle ombre imparfaite à travers lourd sommeil se colle aux yeux fermés!

Tous les jours sont des nuits jusqu'à que je te voie, et nuits de brillants jours où rêve te montre à moi.

44

Si ma pesante chair était de la pensée, la blessante distance n'arrêterait ma route, car en dépit d'espace je serais porté, des frontières au loin jusque-là où tu es.

Qu'importerait alors que mon pied fût posé sur une terre de toi bien éloignée, car l'argile pensée peut sauter mère et terre, aussi vite que penser l'endroit où voudrait être.

Hélas! pensée me tue de n'être pas pensée, pour franchir les longs milles quand tu t'en es allé, et de devoir, pétri par tant d'eau et de terre, attendre en lamentant le bon plaisir du temps;

Ne recevant des éléments si lents, que larmes lourdes, signes de mutuel tourment.

45

Les autres (l'air subtil et le feu purifiant) tous deux sont avec toi en tout lieu où je sois, le premier ma pensée et l'autre mon désir, présents absents glissant par rapides mouvements.



17 из 20