
Gurder leva une main implorante.
— Nous ne sommes sûrs de rien, répondit-il. Il ne faut pas commencer à nous inquiéter avant de savoir ce qui se passe réellement.
— C’est quand on le saura, qu’on pourra s’inquiéter ? rétorqua un gnome sur un ton caustique.
Masklinn reconnut Nisodème, un Papeteri, l’assistant personnel de Gurder. Il n’avait jamais aimé ce jeune gnome et, pour autant que Masklinn pût en juger, le jeune gnome n’avait jamais aimé personne.
— Je n’ai jamais… hum… apprécié l’ambiance de cet endroit… hum… je savais bien que nous aurions des ennuis.
— Allons, Nisodème, allons, fit Gurder. Il n’y a aucune raison de tenir de tels propos. Nous allons convoquer une nouvelle session du Conseil, ajouta-t-il. Voilà ce qu’il faut faire.
La page de journal froissée était étalée sur le bord de la route. De temps en temps, une brise vagabonde la poussait le long de la route où, à quelques centimètres, la circulation défilait en grondant.
Une bourrasque plus forte s’empara d’elle à l’instant précis où passait un poids lourd particulièrement massif, avec sa traîne de turbulences. Le journal s’envola au-dessus de la route, se déploya comme une voiture et prit son essor sur les vents.
Une nouvelle session du Conseil de la Carrière s’était ouverte sous le parquet des anciens bureaux de celle-ci.
Des gnomes étaient massés dans la salle, le reste de la population était assemblé au-dehors.
— Bon, dit Angalo, il y a une vieille grange sur la colline, une grande, de l’autre côté du champ de patates. Ça ne coûterait rien d’aller y stocker des provisions. Histoire de se préparer, vous voyez. Au cas où. Comme ça, s’il se passe effectivement quelque chose, on saura où aller.
