
— Les bâtiments de la carrière n’ont pas d’espace sous le plancher, sauf la cantine et les bureaux, maugréa Dorcas sur un ton sinistre. Ce n’est pas comme dans le Grand Magasin. On manque de cachettes. Nous avons besoin des hangars. Si les humains viennent ici, il faudra partir.
— Alors la grange c’est une bonne idée, non ? insista Angalo.
— J’ai vu un homme s’y rendre de temps en temps avec son tracteur, dit Masklinn.
— On pourrait l’éviter. Et puis de toute façon, continua Angalo en observant le cercle de visages qui le cernaient, peut-être que les humains ne s’attarderont pas. Qu’ils vont juste venir prendre leur pierre et qu’ils s’en iront après. Et on pourra revenir. On pourrait envoyer tous les jours quelqu’un pour les espionner.
— On dirait que tu réfléchis à cette grange depuis un moment, fit observer Dorcas.
— Masklinn et moi, on en a parlé un jour, pendant une partie de chasse par là-bas. Pas vrai, Masklinn ?
— Hmmm ? demanda Masklinn qui avait le regard perdu dans le vide.
— Tu t’en souviens ? On est allés là-haut, et j’ai dit que ce serait un endroit pratique, si jamais on en avait besoin, et tu as dit oui.
— Hmmm, répondit Masklinn.
— Oui, mais y a cette espèce d’Hiver qui arrive, intervint un des gnomes. Vous savez bien. Le froid, du brillant partout…
— Les rouges-gorges, glissa quelqu’un d’autre.
— Heu… oui… reprit le premier, pas très sûr de lui. Ça aussi. C’est pas le meilleur moment pour faire des déplacements, avec les rouges-gorges qui vous tombent dessus de partout.
— Qu’est-ce que vous avez contre les rouges-gorges ? demanda Mémé Morkie qui s’était assoupie un instant. Mon papa disait qu’il y a plein à manger sur un rouge-gorge, quand on en attrape un.
Elle leur adressa fièrement un large sourire.
Ce commentaire eut sur le fil de la conversation le même effet que si on y avait brutalement suspendu un poids de cent kilos. Au bout d’un moment, Gurder déclara :
