Ce fut au tour de Masklinn de se lever.

— Minute, tous les deux… commença-t-il.

— Ah, c’est comme ça ? gronda Gurder en ignorant cette intervention. Voilà bien les Konfection ! Vous avez toujours été des orgueilleux ! Bouffis d’arrogance ! Parce qu’on a conduit un camion pendant cinq minutes, ça y est, on croit qu’on sait tout, hein ? Peut-être que vous allez récolter exactement ce que vous avez semé, tu y as pensé ?

— … ce n’est ni l’heure ni le lieu pour ce genre de chose… poursuivit Masklinn.

— Ces menaces sont ridicules ! Pourquoi est-ce que tu ne l’admets pas, vieil imbécile ? Arnold Frères n’existe pas ! Sers-toi donc de la cervelle qu’Arnold Frères t’a donnée, pour une fois !

— Si vous ne vous taisez pas tous les deux, j’en prends un pour taper sur l’autre !

L’intervention parut efficace.

— Bien, reprit Masklinn d’une voix plus normale. Je crois que ce serait une bonne idée si tout le monde allait s’affairer… s’affairer à ses activités respectives. Parce qu’on ne peut pas prendre de décisions compliquées dans de telles conditions. Il faut que nous réfléchissions tous un peu à la situation.

Les gnomes quittèrent la salle en file indienne, soulagés d’en avoir terminé. Masklinn pouvait entendre Gurder et Angalo s’apostropher au-dehors.

— Pas vous deux, les avertit-il.

— Hé, minute… fit Gurder.

— Non. Vous, minute ! Regardez-vous. Il y a peut-être un problème capital qui couve, et vous vous chamaillez ! Mais à quoi pensez-vous ? Vous allez inquiéter les gens !

— Mais c’est un sujet important, marmonna Angalo.

— Ce qu’il faut faire tout de suite, trancha Masklinn d’un ton sec, c’est aller inspecter à nouveau cette grange. Je ne peux pas dire que l’idée m’enchante, mais il sera peut-être utile d’avoir une issue de secours. De toute façon, ça occupera les gens et pendant ce temps, ils ne s’inquiéteront pas. Qu’en pensez-vous ?



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