Ajao observa furtivement le trio. S’il s’agissait des types qu’il avait aperçus au cours de l’atterrissage, ils devaient avoir fait terriblement vite pendant les quelques instants qui avaient précédé la chute de Draere et de son équipage. Ces hommes avaient la carrure trapue et le teint clair propres aux Azhiris. Ils étaient vêtus d’une tenue camouflée grise et blanche que Bjault associa dans son esprit à un armement sophistiqué, les guerriers appartenant à des cultures primitives se parant généralement comme des paons ou bien se contentant de hardes civiles. Cependant, les seules armes que Bjault remarqua étaient des machettes solidement accrochées à la hanche de ces hommes.

Bjault restait complètement immobile. La neige tombait maintenant plus vite. Leg-Wot et lui pourraient peut-être encore échapper à une capture — mais à quoi bon, puisqu’à présent ils étaient réellement des naufragés ? Il concentra son attention sur leur conversation rapide, difficile à suivre. « Un petit monstre semblable à ce gros, peut-être », disait l’un en donnant un coup de pied contre les patins du traîneau. « En tout cas, il est mort. Apfaneru, c’est bvepfesh… » Ses paroles cédèrent la place à un silence anxieux.

« Oh, regarde ! » Le second soldat avait saisi le bras du premier et désignait un point situé à droite de Bjault. « Vous là-bas ! Si vous tenez à la vie, ne bougez pas ! »

Les trois partirent dans la direction qu’avait indiquée le second soldat. Tout à coup, le traîneau immobilisé se propulsa en avant, ses moteurs électriques tournant à plein régime. Leg-Wot en avait apparemment gardé le contrôle. « Le monstre ! » hurla le troisième soldat au moment où le traîneau le renversa. Le second Azhiri fit volte-face et fonça sur l’engin ; un claquement aussi sonore qu’un coup de tonnerre secoua le sol. La neige tourbillonnait autour du traîneau et, quand elle s’écarta, Bjault vit que le véhicule couché sur le flanc avait pris feu.



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