
— Votre Altesse ! Ces individus sont dangereux. Les monstres qui les accompagnaient faisaient tant de bruit qu’on les entendait même de Bodgaru. »
Pelio se retourna vers le préfet avec un sourire vindicatif. « Dangereux, dis-tu, mon cher Parapfu ? Et ce sont des Profanes ? Comment pourraient-ils donc être dangereux ? Ont-ils blessé les hommes de Ngatheru ?
— Non, Votre Altesse », admit Moragha avec dans la voix une nuance maussade. « D’ailleurs, s’ils avaient tenté d’attaquer nos hommes, ils seraient probablement morts à l’heure qu’il est. Mais, monseigneur, ce ne sont pas leurs personnes qui représentent un danger. Le général baron Ngatheru est persuadé qu’ils pourront nous éclairer sur la nature du monstre dont il n’est resté que des débris après la bataille.
— Parfait. Je vais emporter tous les fragments que tu as trouvés. Ne m’interromps pas. Si la situation préoccupe toujours mon cousin Ngatheru, qu’il en réfère à moi ou à mon père », dit-il, non sans insister pour que Ngatheru accepte de laisser tomber l’affaire. Après tout, le général baron n’occupait que le cinquième rang derrière Pelio dans la hiérarchie nobiliaire.
Le préfet capitula. « Oui, Votre Altesse », répondit-il en se mettant brièvement au garde-à-vous.
Pelio plongea une dernière fois son regard au fond des mystérieux yeux noirs de la dryade, puis se détourna pour se glisser dans le bassin de transit. C’est la plus belle de toutes les créatures…
… Et, comme moi, une Profane.
CHAPITRE 4
« Moi ? Entrer dans le jeu de ce sauvage à la peau grise et au nez épaté ? Plutôt mourir. » Yoninne Leg-Wot croisa ses épais bras musclés en regardant Bjault d’un air indigné.
Ajao se pencha vers le pilote irrité, pour se rapprocher d’elle autant que le lui permettaient ses liens de cuir. « Écoutez, Yoninne. Je ne vous demande pas de… de faire quoi que ce soit d’immoral. Je dis seulement que vous plaisez à ce type, qui est manifestement un personnage puissant. Si son titre (il prononça une formule azhiri) signifie ce que je crois, il doit être le numéro un ou le numéro deux du régime, tout jeune qu’il paraisse. Sa bienveillance nous serait précieuse. »
