
Pelio resta longtemps abîmé dans la profondeur de ces yeux noirs, dont le regard donnait une expression méfiante à ce merveilleux visage. Mais le charme finit par se dissiper et il demanda faiblement : « Et elle… Ce sont des Profanes, Parapfu ?
— Ainsi que je l’ai dit à Votre Altesse, répondit le préfet en regardant Pelio d’un air bizarre.
— Connaissent-ils l’azhiri ?
— Un peu. »
Pelio se tourna vers la femme et lui parla lentement. « Quel est ton nom ? dit-il.
— Yoninne. » Elle avait répondu d’une voix claire, où perçaient néanmoins des accents inquiets.
« Ionina ? Quel nom étrange. D’où viens-tu, Ionina ?
— De… » Sa réponse fut interrompue par un ordre brusque et inintelligible lancé par le géant efflanqué. La femme lui répliqua dans le même langage, avant de se retourner vers Pelio. « Non, moi ne rien dire. » Elle s’écarta d’eux et son attitude reflétait autant de bravoure que de méfiance… Dire que c’est une Profane, songea Pelio.
Il prit alors une décision, évitant de penser à ce qui risquait d’arriver quand son père l’apprendrait. « Préfet, tu as parfaitement agi en capturant ces intrus que tu as découverts et je t’en félicite. Ils paraissent fort intéressants. Je les emmènerai avec moi en rentrant au Palais de l’Été.
