
— Pour vous présenter « Max », le cerveau électronique le plus moderne du monde, répliqua David Wise, avec un rien de mélancolie dans la voix. Dans vingt ans il nous rendra tous inutiles. Vous pourrez enfin vous retirer dans votre fichu château, où vous vous ennuierez à mourir…
Malko sourit. Son château à Liezen, en Autriche, était son point faible. Depuis des années, il y engloutissait des sommes importantes, gagnées à la CIA, pour le restaurer dignement. C’était la seule raison qui avait fait de lui, authentique prince autrichien, aux innombrables titres, une barbouze de luxe hors cadre à la CIA. Son charme, sa mémoire étonnante et sa chance suppléaient à son manque de discipline. Et son titre d’Altesse Sérénissime lui ouvrait plus de portes que les gros pistolets de ses collègues. Un prince, même barbouze, reste toujours un prince.
— Vous faites en tout cas tout ce que vous pouvez pour que je ne m’y retire que mort, fit-il mi-figue, mi-raisin. Mais je ne vois pas en quoi l’existence de ce Max me concerne…
— Vous allez comprendre, fit David Wise, mystérieux. Regardez.
Il prit Malko par le bras et le fit s’approcher des gigantesques machines.
— Il n’existe que deux ordinateurs géants de la série 9000 au monde, expliqua-t-il. L’autre est au Pentagone. La première machine absorbe tous les renseignements codés pendant des mois ou des années, orientés vers le but final que l’on cherche à atteindre.
David Wise fit quelques pas vers le second élément.
— Voici la mémoire de Max, expliqua-t-il. Toutes les informations sont mises sur cartes perforées et vont alimenter la mémoire, qui à son tour nourrit la troisième machine, la plus extraordinaire, le « cerveau » qui, grâce aux éléments des deux autres machines, arrive à donner des conseils terriblement efficaces, car ils sont basés sur des données totalement objectives…
