— Je n’ai pas besoin de retirer ma robe, n’est-ce pas ? murmura-t-elle.

Sans attendre la réponse de son amant, elle fit glisser son slip le long de ses jambes et le jeta sur le bureau. Holy Tong en tremblait d’excitation. Il la jeta plutôt qu’il ne la poussa sur le divan et la prit immédiatement. Elle s’accrochait à lui comme un poulpe, les narines dilatées, agitant spasmodiquement son corps maigre de grands coups de boutoir. Si fort qu’elle roula à terre, entraînant Holy avec elle. Ils continuèrent leur étreinte sur la natte, jusqu’au moment où Mme Yao exhala une espèce de sifflement de chaudière qu’on vide.

Instantanément, elle repoussa son partenaire et resta sur le dos, le souffle court, la bouche entrouverte la robe remontée jusqu’au ventre.

Holy aurait pu continuer, mais il n’osait pas. Il la regarda se relever, se rajuster, se recoiffer. Par degrés, elle retrouvait son expression hautaine et inquiétante. Elle eut un regard méprisant pour Holy, à qui cette trop courte étreinte n’avait visiblement pas apporté la paix du corps, sinon celle de l’âme.

— Tu es indécent, fit-elle sèchement.

Il se drapa aussitôt dans son kimono. Mme Yao alluma une Craven et souffla voluptueusement la première bouffée. Avec ses orgies sexuelles, ses cigarettes anglaises étaient les seules entorses aux préceptes de Mao.

Déjà, elle était prête à partir. Son sourire se fit menaçant.

— À cause de toi, fit-elle, j’ai dû mentir aux camarades du parti. Jurer que je ne comprenais pas comment une telle fuite avait pu se produire.

» Si tu recommençais…

Elle laissa sa phrase en suspens et sortit sans l’embrasser. Holy pensa au Bœing englouti dans la baie de Kowloon et eut froid dans le dos. Il se sentit en même temps terriblement excité à la pensée qu’en de fugitifs moments, il connaissait une Mme Yao pantelante, reconnaissante et même humble, parfois… Il pensait déjà à sa prochaine visite.



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