— Eh bien, instantanément Max a réagi. Cette information recoupait d’autres éléments que l’ordinateur possède et que nous ne relions même pas, nous, à ce tuyau. Voilà l’avantage de Max : il effectue une synthèse immédiate de renseignements que nous mettrions des semaines à coordonner et à analyser. Nous avons effectué tous les contrôles possibles. Max est formel. L’information de ce Chinois a quatre-vingt-dix pour cent de chances d’être vraie et vitale… Voilà pourquoi vous partez pour Hongkong. Tâchez de ne pas trop froisser la susceptibilité de ce bon Dick, qui effectue un travail ingrat.

— Mais pourquoi Hong-Kong ? demanda Malko. David Wise jeta un coup d’œil au calendrier électronique posé sur son bureau.

— Nous sommes le 2 novembre. Le 17, arrivera à Hong-Kong le porte-avions Coral-Sea, le plus grand bâtiment de la 7e flotte. À part le Viêt-Nam, Hong-Kong est le seul port où il puisse relâcher à trois mille milles à la ronde.

— Je vois, fit Malko, rêveusement.

La pluie fouettait les vitres bleutées du bureau. On grelottait à Washington. Au fond, la perspective d’aller au soleil ne lui déplaisait pas trop. D’autant qu’au fond de lui-même, il n’avait pas trop confiance en Max… Cela risquait fort d’être un voyage pour rien.

— Voici votre viatique, dit David Wise en lui tendant une épaisse enveloppe marron. De l’argent, une lettre de crédit sur la Barclays Bank et vos papiers… Votre couverture est extrêmement simple : vous êtes le producteur délégué de la Transinter Films, à Hong-Kong pour un repérage d’extérieurs… Tous les détails sont à l’intérieur. Le film est réellement programmé, d’ailleurs…

— Mais la Transinter…

— Elle nous appartient. Ah ! à propos, pas d’arme surtout. Les Anglais sont pointilleux comme des vieilles filles sur ce point. Je n’ai pas envie que vous vous fassiez refouler en descendant d’avion…



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