
Sa moue se transforma en un ricanement cynique. L’espoir ! S’ils savaient…
— On vous a dit que les Durant ont décidé d’observer ? demanda l’infirmière.
Il releva la tête d’un mouvement brusque et la regarda, les yeux ronds.
— On ne parle que de cela à l’hôpital. La Sécurité a été prévenue. On a examiné les Durant. Ils se trouvent maintenant dans le salon cinq. Un circuit privé les relie à la salle de modelage.
Un torrent de colère déferla en lui.
— Bon sang de Dieu ! On ne peut donc rien faire de propre dans cette satanée boîte ?
— Voyons, docteur. L’infirmière assuma de nouveau le rôle de tyran de service. Inutile de perdre votre sang-froid. Les Durant appliquent la loi. Nous sommes pieds et poings liés, vous le savez bien.
— Saleté de loi, murmura Potter, mais sa colère était déjà éteinte. La loi, songea-t-il. Encore un élément de cette fichue mascarade. Cependant la loi était nécessaire, il devait le reconnaître. Sans le décret 10927, on ne manquerait pas de poser des questions gênantes. Svengaard, de son côté, avait sans doute fait de son mieux pour dissuader les Durant.
Potter afficha un sourire lugubre.
— Navré d’avoir craqué. La semaine a été pénible. Il soupira. Ils ne comprennent rien.
— Désirez-vous consulter un autre rapport ?
La complicité entre l’infirmière et lui avait cessé. Potter s’en aperçut.
— Non, merci, répondit-il. Il prit le dossier Durant et se dirigea vers le bureau de Svengaard. C’était bien sa veine ! Deux observateurs. Donc, un surcroît de travail, bien entendu !
