– Ce détail me paraît sans importance, mais puisque vous semblez y tenir bonjour, Auguste, comment allez-vous?


Et le pauvre homme se laissa tomber sur une chaise d’un air las, si las!


– Décidément, monsieur Fléchard, vous faites un fier original!


– On fait ce qu’on peut, mon ami. En attendant, veuillez prévenir Mlle Arabella de Chaville que son professeur de gymnastique est à sa disposition.


– Son professeur de gymnastique! pouffa Placide. Ah! monsieur Fléchard, vous pouvez vous vanter de m’avoir fait bien rigoler le jour où vous vous êtes présenté ici comme professeur de gymnastique!


Sans relever tout ce qu’avait d’inconvenant, de familier de trivial cette réflexion du domestique, M. Fléchard se contenta d’éponger son front ruisselant de sueur.


J’ai oublié de le dire, mais peut-être en est-il temps encore:


Ces événements se déroulent par une torride après-midi de juillet, à Montpaillard, de nos jours, dans une luxueuse véranda donnant sur un vaste jardin ou un pas très grand parc, ad libitum.


– Un petit verre de quelque chose, monsieur Fléchard? proposa généreusement Placide, sans doute pour effacer la mauvaise impression de sa récente et intempestive hilarité.


– Merci, je ne bois que du lait.


– Un cigare, alors? Ils sont épatants, ceux-là, et pas trop secs. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, monsieur Fléchard, j’adore les cigares légèrement humides. Du reste à La Havane, où ils sont connaisseurs, comme de juste, les gens fument les cigares tellement frais qu’en les tordant, il sort du jus. Saviez-vous cela?


– J’ignorais ce détail, lequel m’importe peu, du reste, car moi je ne fume que le nihil, à cause de mes bronches.


L’illettré Placide ne sembla point goûter intégralement cette plaisanterie de bachelier dévoyé, mais pour ne pas demeurer en reste d’esprit, il conclut:



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