
«En quittant Paris, cet étranger grâce à son interprète, dit à Catherine: «Ma chère enfant, quand vous saurez la langue de mon pays, venez-y (dans le pays), vous serez reçue comme une reine.» Et il lui laissa son adresse. Peu de temps après, j’appris que Catherine d’Arpajon cherchait un professeur de hollandais.
– Vous vous présentâtes?
– Quoique bachelier, ajouta M. Fléchard avec amertume, je me trouvais alors sans position; je me présentai.
– Vous savez donc le hollandais?
– Ce fut pour moi l’occasion d’en apprendre quelques bribes.
– Et cette bonne Catherine, qu’est-elle devenue?
– Je ne l’ai jamais revue depuis. J’ai su seulement que la pauvre petite s’était trompée de langue. Ce n’est pas le hollandais que parlait le planteur mais le danois (Au lecteur peu versé dans l’art de la géographie, apprenons qu’une des Antilles: l’île Saint-Thomas, est possession danoise; le planteur en question appartenait, sans doute, à cette colonie.).
– Et qu’est-ce que vous faites maintenant, mon vieux Fléchard?
– Actuellement, je suis professeur de gymnastique.
– De gymnastique?
Rajustant son monocle, le baron de Hautpertuis s’abîma dans la contemplation des formes plutôt grêles de Jules.
– Oui, monsieur le baron, de gymnastique! Oh! je m’attendais bien à vous voir un peu étonné.
– J’avoue que votre extérieur ne semble pas vous désigner spécialement à cette branche de l’éducation. Comment diable avez-vous eu l’idée?…
– Oh! mon Dieu, c’est bien simple. À la suite de déboires de toutes sortes, j’étais devenu neurasthénique.
– Comment dites-vous cela?
– Neurasthénique, monsieur le baron. Les médecins me conseillèrent de faire de la gymnastique, beaucoup de gymnastique, rien que de la gymnastique. Une deux, une deux, une deux…
