
M. de Durbec obéit; il allait adresser au cardinal un nouveau salut, quand celui-ci, d’un ton impérieux, lui dit:
– Sans doute, monsieur, pour vous être permis d’interrompre ma promenade, m’apportez-vous d’importantes nouvelles?
– Oui, Éminence! Des nouvelles que je ne puis communiquer à nul autre.
Le ministre secoua la tête et dit à son interlocuteur:
– Soit! monsieur! suivez-moi.
Il se dirigea vers un petit pavillon, au centre d’une pelouse fleurie. Il poussa une porte qui donnait accès à une pièce octogonale pauvrement décorée et uniquement meublée d’une table, d’un grand fauteuil et de quelques sièges.
Le cardinal fit passer devant lui M. de Durbec. Tandis que les gardes de son escorte entouraient le pavillon, Richelieu, refermant la porte, prit place dans le fauteuil et dit:
– Maintenant, monsieur, parlez!
– Éminence, conformément à la mission que vous m’aviez donnée de surveiller discrètement Sa Majesté la reine, j’ai établi autour du couvent du Val-de-Grâce, où Sa Majesté vient de se rendre pour y faire une retraite de plusieurs semaines, tout un réseau d’informateurs par lequel je viens d’apprendre que Sa Majesté ne se trouvait plus dans ce couvent.
Malgré toute sa maîtrise de lui-même, Richelieu ne put réprimer un tressaillement.
– Sa Majesté n’est plus au Val-de-Grâce?
– Non, Éminence, elle en est partie depuis plusieurs jours avec la complicité de la mère abbesse qui, dans toute cette affaire, a joué un rôle des plus suspects.
D’un geste nerveux, Richelieu coupa la parole à M. de Durbec.
– Avez-vous pu connaître l’endroit où s’était retirée la reine?
– Oui, Éminence! Dans une gentilhommière qui se trouve à un quart de lieue du château de Chevreuse.
