
Ce qui ne l’empêchait pas d’appartenir authentiquement à une vieille famille autrichienne et de posséder un château historique à Liezen, près de Vienne, à cheval sur la frontière austro-hongroise. Les deux faits étant liés : Malko travaillait à la C.I.A. pour remettre son château en état et s’y retirer un jour. Mais c’était le tonneau des Danaïdes…
Malko s’étira et s’arracha à son mœlleux fauteuil, défroissant son costume d’alpaga sombre. Karin, la ravissante hôtesse des premières se pencha sur lui au passage :
— Attachez votre ceinture, monsieur, s’il vous plaît.
Elle était fine et délicate, comme un saxe. À croquer.
Depuis Copenhague, il lui faisait une cour discrète. Et désespérée. À chaque allusion à leur prochain séjour à Bangkok, Karin montrait l’alliance à sa main droite. C’était la seule fausse note d’un voyage qui eût été merveilleux, s’il ne devait pas se terminer par des activités qui n’avaient pas grand-chose à voir avec le tourisme.
À bord du DC-8 des Scandinavian Airlines, Malko avait même trouvé sa vodka favorite, la « krebskaia ».
Un frémissement secoua l’avion : volets baissés, le DC-8 frôlait maintenant les faubourgs de Tachkent. Malko regarda sa montre : elle marquait 2 h 20, à l’heure de New York. Onze heures de décalage horaire. Il avait quitté New York la veille par le vol 912 et volé toute la nuit, se posant à Copenhague à neuf heures du matin. Heureusement qu’il avait pu dormir un peu dans une chambre de repos mise à la disposition des passagers par les Scandinavian Airlines.
