
Il y avait autre chose qu’il n’allait pas tarder à savoir.
— Capitaine Andropov, demanda Malko calmement, vous me prenez sincèrement pour Rudi Guern ?
Le Russe ne cilla pas.
— Cela ne fait aucun doute pour moi. Ce n’est pas la première fois que les camarades du Troisième bureau retrouvent des gens comme vous. Jusqu’à ce matin, j’ignorais même votre existence. Mais je n’ai pas à vous juger, se hâta-t-il d’ajouter d’une voix presque conciliante. La guerre est finie et tout cela est si loin…
— Pourquoi diable êtes-vous venu me voir, alors ? Pour vous amuser à me faire peur. Le GRU a vraiment du temps à perdre…
Le Russe secoua la tête et reprit en allemand :
— J’ai une proposition à vous faire. Vous êtes un agent des impérialistes après avoir servi les pires bandits hitlériens.
« À mes yeux vous mériteriez la mort. Mes chefs en ont décidé autrement. Ils veulent vous donner une chance de vous racheter en travaillant pour l’Union soviétique, de façon à effacer vos crimes…
« Étant donné votre situation, c’est une offre extrêmement généreuse…
Le pistolet s’était un peu abaissé. Mais le visage du Russe était toujours aussi sévère. Les morceaux du puzzle se recollaient. Malko faisait le point. Ainsi, il était en train de se faire recruter par les Russes, grâce à une opération de magie noire, comme on dit en jargon de métier.
