— Vaguement.

— Je vais vous rafraîchir la mémoire. On a trouvé son cadavre, à l’intérieur d’une caisse, dans une villa déserte de Montevideo. Il avait été tué de cinq balles. Bien entendu, ses meurtriers n’ont jamais été identifiés et ne le seront jamais.

Le Russe s’arrêta de parler un instant, puis reprit sur un ton beaucoup plus solennel.

— Herr Guern, je connais des gens de l’Organisation « Ceux qui n’oublient pas ». Si je leur communique le dossier que je possède sur vous, je pense sincèrement qu’ils ne se poseront pas de questions superflues. Vous voyez ce que je veux dire ?

— À quoi vous servirais-je mort ? objecta Malko.

— Si vous ne nous servez pas vivant, autant que vous mouriez, répliqua avec une implacable logique le capitaine Andropov. Vous êtes une bête venimeuse.

— Merci, dit Malko.

— Alors, que décidez-vous ?

Malko regarda le visage impénétrable du Russe. Ce dernier semblait redoutablement intelligent. Son anglais et son allemand étaient parfaits. Sans parler de la maîtrise de soi. Quelque chose intriguait furieusement Malko : comment avaient-ils pu forger ce dossier contre lui ? Il fallait démonter le mécanisme de l’intox. Question de vie ou de mort.

La menace du capitaine Andropov n’était pas un vain mot. Des gens assoiffés de vengeance n’iraient pas se poser de questions devant les preuves truquées criantes de vérité.

— Que désirez-vous de moi ? demanda Malko après un court silence.

Le Russe sourit largement :



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