Dans une chambre de repos mise à la disposition des passagers par les Scandinavian Airlines, il avait pris une douche et s’était rasé.

Deux heures plus tard, somptueusement enfoncé dans un fauteuil de première d’une Caravelle de la Scandinavian, il décollait pour Vienne. Même le repas gastronomique n’avait pas réussi à lui rendre son allant. C’était pourtant bon de retrouver la viande cuite à l’européenne, du vin vieux – il avait vidé presque entièrement une bouteille de Mouton Rothschild 1955 – et le service impeccable d’un grand palace.

Quand le Jet de la Scandinavian s’était posé sur l’aéroport de Schwechat, l’angoisse qui le tenait depuis son décollage de New York ne s’était pas atténuée. Pourtant, à Vienne, il était presque chez lui. À travers les vitres, il avait aperçu la haute silhouette de son factotum, le fidèle Elko Krisantem, venu l’attendre à l’aéroport au volant de la Jaguar Mark 10.

Il avait scruté les visages de ses compagnons de voyage et ceux des gens qui attendaient. Les Russes étaient déjà sur ses traces probablement. Il disposait au plus de quelques heures d’avance.

Au moment où il sortait de l’aéroport, il aperçut de dos, montant dans une grosse Mercédès noire, une silhouette qui éveilla un souvenir dans son étonnante mémoire. Mais il n’eut pas le temps de confirmer son impression : la voiture avait démarré rapidement. Il garda seulement l’image d’un morceau de cuir noir, vêtement communément porté en Autriche, surtout par le froid qui régnait.

Les formalités de douane et de police expédiées rapidement il se retrouva dans le petit hall, pour serrer la main du Turc qui attendait, la casquette à la main.

Très stylé. Elko Krisantem n’avait pas posé de question. Sa casquette et sa longue redingote grise en faisaient un chauffeur de grande classe. Qui aurait reconnu un des tueurs à gages les plus prospères d’Istanbul ?



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