— Avez-vous un vol pour l’Europe, ce soir ? demanda-t-il.

— Certainement, répondit une voix fraîche avec un léger accent. Le vol Scandinavian N°907 décolle à vingt heures trente à destination de Copenhague et Stockholm. Vous arrivez à Copenhague à neuf heures du matin. L’appareil est un super DC-8, très confortable.

— Copenhague, me suffira, assura Malko. Ai-je une correspondance pour Vienne, en Autriche ?

Après quelques secondes, l’hôtesse confirma :

— Certainement. Décollage onze heures trente. Vol Scandinavian 102. Arrivée à Vienne treize heures. C’est une Caravelle.

— Retenez-moi une première, demanda Malko. Jusqu’à Vienne.

CHAPITRE IV

Le numéro 7 de la Rudolpliplatz, à Vienne, était une maison un peu plus neuve que les autres, bien que sans originalité. La façade portait encore les cicatrices de la guerre : des éclats de pierre avaient sauté sous les obus et les bombes.

Une paix profonde émanait de cette petite place, perdue à l’écart du Ring bruyant dans un quartier assez populaire de la capitale autrichienne.

Impression trompeuse : cet endroit recelait quelque chose de plus dangereux qu’un dépôt d’explosif, quelque chose qui faisait trembler des milliers de gens à travers le monde.

Malko regarda autour de lui avant de pousser la porte du numéro 7. Derrière ses éternelles lunettes noires, ses yeux dorés étaient rougis par la fatigue et le manque de sommeil. En dépit du confort du DC-8 des Scandinavian Airlines qui l’avait amené de New York à Copenhague en six heures, il n’avait pas fermé l’œil de la nuit, tournant et retournant son problème dans sa tête. Le copieux petit déjeuner servi par une belle hôtesse blonde ne l’avait pas remis d’aplomb. Il faisait un temps de chien à Copenhague. Pluie et rafales de vent. Heureusement le DC-8 venait déverser ses passagers directement dans un couloir de l’aérogare grâce à une sorte de manche à air géante venant s’emboîter sur les portes du Jet. Celui-ci repartait un peu plus tard pour Bangkok.



25 из 210