Depuis, c’était le grand amour. Après sa pénible mission à Bangkok

Il commençait maintenant à se demander s’il n’était pas sérieusement amoureux. Peut-être était-ce le côté « oiseau des îles » de Sabrina qui l’attachait. Elle n’était pas mondaine, non plus. Au lieu de courir les parties comme les Américaines, elle préférait sortir en tête à tête avec Malko et dîner dans les petits restaurants du village.

Souvent même, elle préparait un repas froid chez elle, avec une bouteille de champagne.

Après, ils faisaient l’amour comme des fous et Malko s’endormait d’un sommeil de plomb. Sabrina se réveillait toujours la première. Quand Malko ouvrait l’œil, elle était déjà debout, maquillée, coiffée et parfois habillé.

Pure coquetterie féminine, car, même habillée, elle n’hésitait jamais à rejoindre Malko dans le lit.

Comme elle allait probablement le faire ce matin-là…

Sur cette pensée réconfortante, il rouvrit les yeux. Pour se heurter au même regard fixe et brillant posé sur lui.

Il n’eut pas le temps de se poser une question. Une main puissante l’arracha du lit, le projetant, nu, sur la moquette. Un violent coup de pied dans les côtes lui arracha un cri de douleur. Au moment où il se relevait, un autre homme le ceintura par-derrière. Le poing droit de l’homme aux yeux noirs s’abattit sur sa bouche.

Pendant cinq minutes, ce fut une mêlée confuse et silencieuse. Les deux inconnus frappaient lentement, scientifiquement, de toutes leurs forces. Tous deux étaient plus grands et plus lourds que Malko.

Au début, il tint tête, résista furieusement, sans comprendre. Puis, il faiblit. Un coup violent au foie le jeta à terre. Une dégelée de coups de pied l’acheva. Tout son corps était douloureux. À demi assommé, il sentit que ses adversaires le jetaient sur le lit. Sa bouche saignait et son arcade sourcilière gauche était fendue. Le sang coulait à flots sur sa joue.



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