Seulement, l’inconnu et son pistolet se trouvaient entre lui et le téléphone.

Habillé, il se sentit mieux, bien que moulu par les coups reçus. C’était le moment de faire quelque chose ou jamais. D’abord, sortir de cette pièce.

Prudemment, il fit un pas vers le téléphone. Il avait peut-être affaire à des maniaques. À New York, tout est possible.

Comme s’il avait deviné ses pensées, l’inconnu dévia légèrement le canon du pistolet pour le braquer sur le nombril de Malko :

— Ne tentez pas de vous enfuir, Herr Guern, ce serait vous condamner plus tôt.

Malko explosa :

— Mais enfin, pourquoi m’appelez-vous Guern ? Je suis le prince Malko Linge. Et je ne connais pas de Guern.

L’autre hocha la tête, avec une expression sincèrement désolée.

— C’est ce que vous dites tous, d’abord.

Sans cesser de menacer Malko, il tira une feuille de papier de sa poche gauche, la déplia et la posa sur ses genoux. Comme un greffier consciencieux, il se gratta la gorge avant de lire :

— Vous vous appelez Rudi Guern et vous avez quarante-six ans…

— Quarante-deux, fit Malko, malgré lui.

— Quarante-six, soutint l’inconnu. Vous êtes né en Bavière, à Rupholding, le 4 juillet 1922.

» Le 9 novembre 1941, vous avez été nommé aspirant SS. À cette époque, la sélection du Schwartzes Korps, primitivement fixée entre vingt-trois et trente-cinq ans, s’était déjà assouplie.

» Le 20 avril 1942, jour anniversaire d’Adolf Hitler, vous avez été intronisé Unterscharführer SS et comme vous aviez déjà donné toute satisfaction à vos chefs, on vous a remis un poignard SS, accordé seulement aux meilleurs officiers… Ce jour-là, on vous a tatoué sous l’aisselle gauche votre numéro SS : 308.625 et votre groupe sanguin : A.



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