
«Toutes ces tours, qu’il nous faut escalader depuis leurbase sombre et solitaire, peuvent nous donner une vision de la terre, maiselles ne nous conduisent pas au ciel.
« Tout cela pour parvenir encore et toujours à cettevieille confusion des langues et des émotions !
« Les ponts qui mènent à Dieu sont la foi, l’amour, lajoie et la prière. »
DEUX RABBINS,dans l’Allemagne nazie, font tout leur possible pour apporter aux juifs un peude réconfort spirituel. Pendant deux ans, bien que mourant de peur, ilsparviennent à tromper leurs persécuteurs et célèbrent des offices religieuxdans plusieurs communautés.
Finalement, les rabbins sont arrêtés. Terrifié à l’idée dudanger qui le menace, le premier ne cesse de prier. L’autre, au contraire,passe ses journées à dormir.
« Pourquoi agissez-vous ainsi ? lui demande lerabbin rempli de crainte.
— Pour ménager mes forces. Je sais que dorénavant jevais en avoir besoin.
— Mais n’avez-vous pas peur ? Ne savez-vous pas cequi nous guette ?
— J’ai eu peur jusqu’au moment de notre arrestation.Maintenant que je suis prisonnier, à quoi bon redouter ce qui est déjàpassé ? Le temps de la peur est terminé ; à présent commence le tempsde l’espoir. »
LE MAITREDIT :
«Volonté. Voilà un mot dont on devrait se méfier pendantquelque temps. Quelles sont les choses que nous ne faisons pas parce que nousn’en avons pas la volonté, et quelles sont celles que nous ne faisons pas parcequ’elles comportent un risque ?
« Voici un exemple de ce que nous prenons pour un« manque de volonté » : parler avec des inconnus. Qu’il s’agissed’une conversation, d’un simple contact ou d’une confidence, nous parlonsrarement avec des inconnus. Et nous trouvons toujours que c’est mieux ainsi.
