« Au bout du compte, nous ne venons en aide à personneet nous ne sommes pas aidés par la vie.

« Notre distance nous fait paraître supérieurs et trèssûrs de nous. En réalité, nous ne permettons pas à la voix de notre ange de semanifester par la bouche des autres. »

 

UN VIEIL ERMITEfut un jour invité à se rendre à la cour du plus puissant roi de son temps.

« J’envie un saint homme qui se contente de si peu, luidit le roi.

— J’envie Votre Majesté qui se contente de moins quemoi, rétorqua l’ermite.

— Comment pouvez-vous dire cela, alors que tout ce paysm’appartient ? s’exclama le roi, offensé.

— Précisément, répondit le vieil ermite. Moi, j’ai lamusique des sphères, j’ai les rivières et les montagnes du monde entier, j’aila lune et le soleil, parce que j’ai Dieu dans mon âme. Mais Votre Majesté n’aque ce royaume. »

 

« ALLONSJUSQU’A la montagne qui est la demeure de Dieu, suggéra un cavalier à son ami.J’ai l’intention de prouver qu’il ne sait qu’exiger et ne fait rien pouralléger notre fardeau.

— Eh bien, je vous accompagne pour démontrer mafoi », répliqua l’autre.

Ils atteignirent le soir le sommet de la montagne, et ilsentendirent une Voix dans l’obscurité : « Chargez vos chevaux despierres qui jonchent le sol. »

« Vous voyez ? fit le premier cavalier. Aprèsl’ascension que nous venons de faire, Il veut encore alourdir notrecharge ! Jamais je n’obéirai. »

Le second cavalier obtempéra. Lorsque enfin ils arrivèrentau pied de la montagne, l’aurore pointait, et les premiers rayons du soleililluminèrent les pierres du pieux cavalier : c’étaient les plus pursdiamants.

 

LE MAITREDIT :



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