
Voyant le travail que me donnait cette rubrique, je faillisrenoncer. En outre, comme je devais me rendre à l’étranger pour la promotion demes livres, cet effort quotidien devint une torture. Pourtant, les signes mepressaient de continuer : une lettre de lecteur me parvenait, un amifaisait un commentaire, un autre me montrait les pages découpées et rangéesdans son portefeuille.
Lentement, j’appris à écrire de façon objective et directe.Je fus obligé de relire des textes dont j’avais toujours reporté une nouvellelecture, et le plaisir de ces retrouvailles fut immense. Je me mis à noter plussoigneusement les propos de mon maître. Enfin, je trouvai peu à peu dans toutce qui se passait autour de moi une raison d’écrire Maktub, et cela m’enrichità tel point qu’aujourd’hui je ne regrette pas cette tâche quotidienne.
J’ai sélectionné, dans ce volume, des textes publiés dans laFolha de São Paulo entre le 10 juin 1993 et le 11 juin 1994. Les pagesrelatives au guerrier de la lumière n’en font pas partie, elles ont étépubliées dans le Manuel du guerrier de la lumière.
Dans la préface de l’un de ses livres, Anthony Melloécrit : « Ma tâche a été simplement celle du tisserand ; jene peux m’attribuer les qualités du coton et du lin. »
Moi non plus.
Paulo Cœlho.
LE VOYAGEUR estassis dans la forêt, un tas de notes sur les genoux, et il regarde l’humbledemeure qui se dresse devant lui. Il se souvient d’y être déjà venu avec desamis. A l’époque, il avait simplement remarqué que le style de cette maisons’apparentait à celui d’un architecte catalan ayant vécu très longtempsauparavant, et qui n’avait probablement jamais mis les pieds dans cet endroit.La maison se trouve près de Cabo Frio, dans l’Etat de Rio de Janeiro, et elleest entièrement faite de débris de verre.
