
« Certaines choses dans la vie portent le sceau quidit : « Vous ne comprendrez ma valeur que lorsque vous m’aurezperdu... et retrouvé. » Il ne sert à rien de vouloir rendre pluscourt ce chemin. »
LE MAITRE demandaà son disciple préféré s’il avait fait des progrès sur le plan spirituel. Le disciplerépondit qu’il parvenait à consacrer à Dieu chaque instant de sa journée.
« Alors, il ne vous reste plus qu’à pardonner à vosennemis », remarqua le maître.
Le disciple se redressa, choqué :
« Mais ce n’est pas la peine ! Je ne suis pas encolère contre mes ennemis !
— Croyez-vous que Dieu soit en colère contrevous ? interrogea le maître.
— Non, bien sûr ! répondit le disciple.
— Et pourtant vous implorez Son pardon, n’est-cepas ? Faites-en autant avec vos ennemis, même si vous n’éprouvez pas de haineà leur égard. Celui qui pardonne nettoie et parfume son propre cœur. »
LE JEUNEBONAPARTE tremblait comme une feuille durant les féroces bombardements du siègede Toulon. Le voyant dans cet état, un soldat dit à ses compagnons :
« Regardez-le, il est mort de peur !
— En effet, répliqua Bonaparte. Mais je continue àcombattre. Si vous éprouviez la moitié de l’effroi que je ressens, vous auriezpris la fuite depuis très longtemps. »
Le maître dit :
« La peur n’est pas signe de lâcheté. C’est elle qui nouspermet d’agir avec bravoure et dignité dans certaines circonstances. Celui quiéprouve la peur et va cependant de l’avant, sans se laisser intimider, faitpreuve de courage. Mais celui qui affronte des situations difficiles sans tenircompte du danger ne fait preuve que d’irresponsabilité. »
