
Le plus grand problème de la femme latine est qu’elle finit par être la mère de son homme.
Amour maternel, qui pardonne toutes ses faiblesses (parce que nous savons qu’il est faible, même si nous répétons toute la journée qu’il est fort), qui nous pousse à croire qu’il reviendra toujours à la maison, et reconnaîtra qu’il n’y a rien de mieux dans sa vie que d’être à côté de la personne qui le soigne et le câline. Mais l’homme, bien qu’il désire être aimé comme un enfant, se comporte toujours comme un sauvage : il se laisse emporter par ses impulsions, par ses passions du moment, et même s’il ne nous abandonne pas physiquement, son âme va et vient très souvent.
La femme ne perd jamais l’espoir de retrouver le passé, de se rappeler chaque moment qu’elle a vécu. Et elle est effrayée quand elle constate que le passé n’est plus, que c’est maintenant un temps différent, qui court et passe très vite. Je ne parle pas seulement de l’horloge biologique, mais du fait de ne plus se sentir désirée, de marcher dans les rues et de remarquer que personne ne tourne la tête. Alors lui vient cette peur de ne plus jamais être caressée comme quand elle était jeune, de ne plus jamais voir dans les yeux d’un homme une pensée erotique ou – j’oserais le dire – pornographique.
La femme est romantique, mais elle laisse toujours l’homme massacrer ses sentiments – et à cause de cela, elle peut se transformer en une implacable destructrice parce qu’elle n’a plus rien à perdre.
L’autre jour je discutais avec des amies et nous nous disions à quel point nous étions capables d’être «perverses et destructrices ». Mais l’une d’elles a observé :
«Non, ce n’est pas cela, c’est bien pire ! Quand les hommes sont blessés, ils prennent les armes pour se venger et venir à bout de leur adversaire. Mais nous, quand nous sommes blessées par celui que nous aimons, la seule chose qui nous passe par la tête consiste à préparer toutes sortes de stratégies pour faire revenir notre bourreau, en implorant son pardon. Voilà notre vengeance : faire en sorte qu’il souffre de notre absence et revienne. »
