Des maîtres quotidiens

Au-dehors, la ville d’Oslo qui se prépare pour l’hiver. Au bar, je bavarde avec une chanteuse européenne très populaire. Nous discutons de la renommée, du succès, et à un moment elle me demande si j’ai quelque chose d’important à lui apprendre.

«Bien sûr que non, lui réponds-je. Vous vivez votre vie comme quelqu’un qui sait qu’il doit mourir un jour, et c’est là le plus important. Mais je peux vous proposer un exercice  : durant les six prochains mois, écrire un journal que vous intitulerez «  le maître de chaque jour  ». Nous apprenons toujours quelque chose de neuf entre le matin et le soir  : pourquoi ne pas le consigner  ? «

Elle accepte. Six mois plus tard, je reçois une copie de son journal avec des annotations extrêmement intéressantes, des leçons de gens qu’elle n’a croisés qu’une fois, mais qui assurément resteront avec elle pour toujours. Je transcris ici quelques-unes des remarques les plus importantes.

S’accepter soi-mëme

En regardant les autres, j’ai appris qui j’étais. J’ai peur de n’être pas aussi bonne qu’on le croit, mais il me semble que tout le monde pense cela de soi-même. Pendant que j’écrivais ce journal, j’ai enfin admis que j’avais assez de courage pour avoir peur, et pour me voir sans artifice. J’ai suffisamment d’assurance pour me sentir anxieuse.

J’ai constaté que les gens cherchent à projeter sur vous une part de leur anxiété, de même que vous projetez la vôtre sur eux. Ils essaient de nous diminuer parce qu’ils se sentent petits, ils tentent de nous effrayer parce qu’ils ne sont pas convaincus de leurs capacités.

En quête de l’amour

J’ai rencontré aujourd’hui un Coréen qui a lu dans les lignes de ma main  : un type bizarre, un sage aux yeux des autres, bien que je sois incapable d’apprendre ce qu’il enseigne. Bien sûr, comme tous les chiromanciens, il a pensé que je ne m’intéressais qu’à ma vie affective, et il m’a rappelé des choses que je gagne à m’entendre répéter  :



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