Avec beaucoup de difficulté le président se releva, remit en place ses lunettes qui pendaient à son oreille, ajusta ses cheveux décoiffés, arrangea ses vêtements couverts de poussière, et dit lentement  :

«  C’est bien  : onze voix contre une. Mais nous avons encore la majorité, et les règles seront modifiées."

La générosité et la récompense

Sensible à la pauvreté du rabbin Jusya, Ephraim glissait tous les jours quelques pièces de monnaie sous sa porte. Et il constata que plus il donnait à Jusya, plus il gagnait d’argent.

Ephraim se souvint que le rabbin Baer était le maître de Jusya, et il pensa  : «  Si je suis bien récompensé en donnant au disciple, imaginez tout ce que je gagnerai si je décide de soutenir son maître.  »

Il se rendit à Mezritch et couvrit de cadeaux le rabbin Baer. Et dès lors, sa situation se détériora tant qu’il faillit tout perdre.

Intrigué, il alla voir Jusya et lui conta ce qui était arrivé.

«C’est très simple  », dit Jusya. «  Tant que tu donnais sans penser à ce que tu recevais, Dieu en faisait autant. Mais quand tu as commencé à rendre visite à un personnage illustre pour lui faire tes dons, Dieu s’est mis également à en faire autant.  »

Le verre vide et le verre plein

Au cours d’un dîner au monastère de Sceta, le plus âgé des prêtres se leva pour servir de l’eau aux autres. Il alla péniblement de table en table, mais aucun n’accepta.

«Nous sommes indignes du sacrifice de ce saint «, pensaient-ils.

Quand le vieillard gagna la table de l’abbé Petit Jean, celui-ci lui demanda de remplir son verre à ras bord.

Les autres moines regardèrent effrayés. A la fin du dîner, ils firent des reproches à Jean  :

«Comment peux-tu te juger digne d’être servi par ce saint homme  ? N’as-tu pas compris la peine qu’il avait à soulever la bouteille  ? N’as-tu pas remarqué comme ses mains tremblaient  ?



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