
— Quatre heures.
Je bigle ma tocante ; elle indique trois heures…
— Tu as le temps.
Pour le coup, il paraît sidéré, Ferdinand.
— Vous… vous voudriez que j’y aille ? il demande.
— Pourquoi pas ? T’es ciglé pour, non ?
— Mais…
Je me fous dans une rogne noire.
— Écoute, fesse de rat, y en a classe de tes simagrées, tu vas faire ce que je te dis sans rouscailler, ou sinon, je t’envoie au mitard… Des motifs, j’en trouverai, fais-moi confiance, et ils seront suffisants pour que tu restes à l’ombre jusqu’à ce que tu sois devenu aussi blanc qu’une endive. Tu saisis ?
Il fait « oui » de la tête.
— Parfait. Quelle est l’adresse de ton coffre à décapsuler ?
— Rue Gambetta, à Boulogne-Billancourt, au 64…
— Ça joue…
Je pose la trousse devant son verre vide.
— À un de ces quatre, tu perches toujours rue des Abbesses ?
— Toujours…
— Vaudrait mieux que tu n’essaies pas de décamper…
— Pas de danger, m’sieur le commissaire.
— Je te laisse les consos, ça fera pour mon bitos écrabouillé.
Je me trisse, l’abandonnant en tête à tête avec son ahurissement.
CHAPITRE II
ENCORE DU CINÉMA
— Bonjour, San-Antonio, fait le Vieux en me proposant sa peluche d’aristo, vous vous sentez en bonne condition physique ?
— Et comment ! je lui réponds. Cette enquête sur la Côte m’a pour ainsi dire rénové. Vous avez un boulot intéressant à me confier ?
Il lisse son front somptueux, ce qui met en valeur ses boutons de manchette en jonc véritable.
— J’ai en effet un travail pour vous. Un travail… délicat, mais je ne puis vous dire s’il est intéressant ou non…
« Avez-vous entendu parler du major Stevens ? »
— N’est-ce pas ce savant english qui bosse avec nos champions de l’atome au sujet d’une fusée à la noix ?
