
La Mort lui tapota amicalement l’épaule et se tourna vers le fils. « Tu AS DES AFFAIRES, PETIT ?
— Oui, répondit Morty qui se souvint alors : Seulement, j’crois que j’ies ai laissées dans la boutique. Papa, on a laissé mon sac dans la boutique !
— Elle est fermée, dit Lezek. Les magasins, ils ouvrent pas le jour du Porcher. Va falloir que tu reviennes après-demain… enfin, demain maintenant.
— ÇA N’EST PAS BIEN GRAVE, dit la Mort. ON PART TOUT DE SUITE. Je NE VAIS SÛREMENT PAS TARDER à AVOIR DU TRAVAIL PAR ICI.
— J’espère que tu pourras passer nous voir bientôt », dit Lezek. Il donnait l’impression de lutter avec ses pensées.
« J’suis pas sûr que ce serait une bonne idée, fit Morty.
— Ben alors, au revoir, fiston, dit Lezek. Tu feras bien ce qu’on te dit, tu m’entends ? Et… Excusez-moi, monsieur, vous avez un fils ? »
La Mort parut pris au dépourvu.
« NON, dit-il, JE N’AI PAS DE FILS.
— Je voudrais juste dire un dernier mot à mon garçon, si ça vous fait rien.
— ALORS JE VAIS ALLER M’OCCUPER DE MON CHEVAL », dit la Mort avec plus de tact qu’à l’ordinaire.
Lezek passa le bras autour de l’épaule de son fils, non sans quelque difficulté vu la différence de taille, et l’entraîna doucement à travers la place.
« Morty, ton oncle Hamesh m’a parlé de ces histoires d’apprentissage, tu sais ? chuchota-t-il.
— Oui ?
— Eh ben, il m’a dit autre chose aussi, confia le vieil homme. Il a dit que c’est pas rare qu’un apprenti hérite de l’affaire de son maître. Qu’esse tu penses de ça, hein ?
— Ah. J’suis pas sûr, répondit Morty.
— Ça vaut le coup d’y réfléchir, dit Lezek.
— Justement, j’y réfléchis, père.
— Y a plus d’un jeune qu’a démarré comme ça, qu’il a dit, Hamesh. Il se rend utile, gagne la confiance de son maître, et, dame, pour un peu qu’y ait des filles dans la maison… Monsieur… euh… monsieur… il a parlé de filles ?
