
Grand Bezout, achève ton cours
Mais avant, permets-moi de dire
Qu'aux aspirants tu donnes secours
Cela est parfaitement vrai
Mais je ne cesserai pas de rire
Lorsque je l'aurai achevé
Pour le plus tard au mois de mai
Je ferai alors le Conseiller.
Il est sûr, dès ce mois de janvier, d'en avoir fini en mai avec l'étude du Traité de mathématiques, soit plus de quatre mois avant l'examen, prévu pour le mois de septembre.
Il organise son travail de manière méthodique, prévoit le temps des révisions, car les épreuves sont ardues et l'accès à l'artillerie, cette arme savante, difficile. Un noble désargenté, s'il a du talent, peut, dans cette arme, être sûr de gravir les échelons, la sélection se faisant par examen des qualités du candidat.
On compte vingt-cinq cadets-gentilshommes qui se destinent, en 1785, à l'artillerie. Mais le gouverneur de l'école, M. de Timbrune-Valence, n'autorise que dix-huit élèves à concourir.
Le premier est Des Mazis, l'ami de Bonaparte, qui avait échoué en 1784, puis vient Picot de Peccaduc. Bonaparte suit son ennemi, le Vendéen Phélippeaux. Plus bas dans la liste, on trouve Laugier de Bellecourt, qui, malgré sa dissipation, a été jugé apte à concourir.
Bonaparte, quand il voit cette liste, ne cède qu'un instant à un sentiment de supériorité : il ne craint pas ses concurrents.
Il se sait l'un des meilleurs mathématiciens de l'école.
Mais il y a les candidats des écoles de province, et notamment ceux de l'école de Metz, la plus prestigieuse école d'artillerie. De plus, il ne veut pas se contenter de réussir ce premier concours. Il n'oublie pas le concours d'officiers. Il redouble donc d'efforts.
Il aborde le troisième volume du traité de Bezout au mois de février 1785.
Rien ne doit dévier de la route.
