
Il est le Premier consul, le maître à bord. Puisque c'est ainsi que l'on conduit les peuples, il faut assister au Te Deum, rencontrer le cardinal Martiniana, à Verceil, et lui dire qu'on souhaite un accord, un concordat, avec le nouveau pape, Pie VII.
Que les « idéologues » criaillent, quelle importance !
Qu'ils écoutent ces acclamations de la foule, qui fait le siège de l'hôtel des Célestins à Lyon, où Napoléon vient d'arriver le 28 juin. Elle crie : « Vive Bonaparte ! » À Dijon, le 30 juin, les femmes de la ville répandent des bouquets sur son passage.
À Sens, on a tracé sur le frontispice d'un arc de triomphe les mots : Veni, Vidi, Vici.
Comme pour César.
Desaix est mort à Marengo. « Allez dire au Premier consul que je meurs avec le regret de n'avoir pas assez fait pour vivre dans la postérité », a-t-il confié avant de succomber. Et Napoléon apprend que ce même jour, 14 juin, Kléber a été assassiné au Caire par un fanatique musulman.
La mort pour les autres, la victoire pour moi.
À deux heures du matin, le 2 juillet 1800, sa voiture entre dans la cour des Tuileries.
5.
Ces cris d'abord lointains, puis qui s'amplifient, ces cris qui le réveillent sont ceux de la foule venue des faubourgs.
Napoléon se lève, s'approche de la fenêtre. Des femmes se pressent contre les grilles des Tuileries. Elles se précipitent quand on les ouvre : « Vive le Premier consul ! Vive Bonaparte ! », hurlent-elles.
Bourrienne entre. Depuis l'annonce de la victoire de Marengo, Paris est en fête, dit-il. Il faut se montrer. Napoléon se présente à la fenêtre de son cabinet de travail. Les cris redoublent, aigus.
